Les Mille et Une (en)vies d’Andréa Decaudin

Sortir constamment de sa zone de confort, satisfaire sa soif de curiosité et ne jamais rester enfermée une case. Voici comment Andréa Decaudin a décidé de mener sa carrière, tambour battant.

Pas évident dans un secteur journalistique plutôt cloisonné (spécialité très française) et qui repose sur « beaucoup de chance ». C’est pourtant certainement cette différence, cette envie de toucher à tout et l’enthousiasme communicatif émanant de la journaliste qui lui a permis d’avoir aujourd’hui ce qu’elle décrit comme « le job idéal ».

Au cours de son enfance, Andréa Decaudin souhaitait toutefois devenir vétérinaire. Une fois son bac S en poche, elle a donc intégré la licence biologie des organismes à l’université Pierre et Marie Curie : « Puis je me suis rendue compte qu’au-delà du fait que j’étais passionnée par la nature et les animaux, ce n’était absolument pas pour moi. Je me suis donc portée sur mon deuxième choix, le journalisme, parce que j’adorais ce métier ». Cette passion du journalisme n’est bien sûr pas arrivée par hasard et trouve ses racines dans sa jeunesse, qu’elle passe à l’étranger, du fait du travail de ses parents : « Comme il n’y avait pas forcément la télé dans les pays où on était, on écoutait tout le temps RFI (Radio France Internationale). J’ai été bercée par ça toute mon enfance et, du coup, quand j’ai renoncé au métier de vétérinaire, je me suis dit que c’était le journalisme qui me conviendrait parce que je suis de nature curieuse et je communique beaucoup ».

Direction l’École Française de Journalisme (EFJ) de Levallois Perret, d’où elle ressort major de promotion en radio, son média de prédilection : « La télévision ne m’intéressait pas, je n’aimais pas le côté qui me paraissait très « paillettes », je voulais faire de la radio. Et vu que j’écoutais RFI, les voix avaient beaucoup d’impact sur moi. Pendant ma dernière année, j’ai donc commencé par faire un stage à RMC Info et ça s’est tellement bien passé qu’après le stage, j’ai enchaîné sur des piges ».

On le dit souvent, le métier de journaliste n’est pas un métier facile : il faut donc savoir saisir sa chance, surtout en début de carrière, et encore plus s’il y a la possibilité de signer un contrat longue durée. C’est ainsi que la jeune journaliste s’est retrouvée dans le Nord-Pas-De-Calais, une région qui lui était alors totalement inconnue, pour faire les JT d’information d’une radio musicale : « J’avais fait un prêt étudiant pour pouvoir payer mon école de journalisme, du coup je ne pouvais pas rester en pige. Il fallait absolument que je trouve un CDI, ce qui est très difficile dans les médias, surtout quand on est jeune. Quand j’ai eu l’opportunité en région, je l’ai saisie, ça ne me faisait pas peur d’y aller et puis c’était une expérience, donc j’étais très contente ». Pari gagnant, puisque la Voix du Nord, grand quotidien régional du Nord de la France, qui montait alors sa télévision régionale Weo, la repère et lui propose se faire ses premières armes à Lille. « Dans ce métier, c’est beaucoup de chance et d’opportunités que tu saisis – j’ai quitté mon job en radio pour rejoindre cette télé. Ça a été des années formidables et j’ai pu rembourser mon prêt ».

Les débuts d’Andréa Decaudin sur la chaîne Weo de la Voix du Nord

Une expérience très forte qui, quelques années plus tard, ne l’empêche pas de continuer à poursuivre son évolution, dans un cadre et un environnement différent : « À un moment donné, j’ai quand même voulu retourner à Paris parce que c’était là où j’avais fait mes études – et c’est aussi là où il y a le plus d’opportunités. Je bouge énormément, j’avais fait 4 ans à Lille, je voulais voir plus grand, avoir d’autres options. J’ai envoyé ma candidature à La Chaîne l’Équipe, diffusée à l’époque sur le câble. J’ai été recrutée par Benoît Pensivy, qui était alors le directeur de la chaîne – c’est lui qui m’a donné ma chance ».

Andréa Decaudin insiste sur ce point : la dimension sport est arrivée par hasard, « grâce aux occasions qui se présentaient » dans son métier de journaliste. « Il me fallait un job, je convenais et c’est comme ça que j’ai commencé la télévision au niveau national ». Sans nier son amour du tennis et son intérêt pour le sport en général, elle détache son arrivée à l’Équipe de toute passion inconditionnelle pour le sport, comme pour éviter de se cloisonner à ce seul secteur et ainsi rester libre de poursuivre son évolution au fil du temps. Ce qui, encore une fois, n’est pas évident dans un domaine où l’on a vite fait de poser des étiquettes un peu partout : « On me met dans la case journaliste sportive parce que finalement, quand on regarde les grands médias par lesquels je suis passée, on voit que ce sont des médias sportifs. Mais c’était juste une question d’occasions qui se présentaient à moi. Bien sûr, Benoît Pensivy m’avait quand même demandé si j’avais des affinités avec le sport pendant le recrutement. La Chaîne l’Équipe reste une chaîne de sport ».

Elle présente en parallèle les JT sport d’I-télé (ancien CNews) – un emploi du temps très chargé, qui la fait parfois même apparaître au même moment sur les deux chaînes : « Le matin je faisais les matinales sur La Chaîne l’Équipe, puis j’enchaînais pratiquement dans la foulée sur des JT sport à I-Télé. Vu qu’il y avait des rediffusions, je me retrouvais très vite sur 2 chaînes différentes au même moment. Je travaillais beaucoup : par exemple, si ma tranche de JT était celle de 18-23h, j’arrivais l’après-midi vers 13 heures pour travailler sur les dernières news avec les dépêches AFP qui tombaient. Le chef d’édition me présentait le conducteur de la soirée, on discutait et il y avait des sujets qui arrivaient d’un peu partout avec les correspondants en France. On préparait les lancements, on lisait les sujets dont on allait parler à l’antenne. Tout un travail de préparation donc, pour enchaîner sur des JT diffusés toutes les 30 minutes à partir de 18h ». À ce travail préparatoire s’ajoute également celui relatif à la thématique sportive : « Je ne faisais que du sport, ça me demandait beaucoup de travail, plus qu’à un passionné en tout cas. Je devais m’intéresser à tous les sports alors que ce n’était pas dans mon ADN de départ. Il fallait que je sois crédible, que je légitimise mon travail, parce que j’ai toujours été très pro ».

Journal Télévisé présenté par Andréa Decaudin sur l’Équipe 21 (désormais La Chaîne l’Équipe)

Malgré ses demandes, elle ne peut se diriger vers d’autres secteurs sur I-Télé : « J’avais demandé si je pouvais passer à de l’actualité générale et à l’époque ma supérieure m’avait dit ‘ah mais non, tu es très bien dans le sport, on ne va pas te changer, les journalistes sportifs restent des journalistes sportifs. J’avais été attristée de ne pas pouvoir sortir de cette case que je n’avais pas spécifiquement choisie, même si elle était très enrichissante. Je suis curieuse, c’est mon véritable ADN de journaliste. C’est super de faire du journalisme sportif mais j’avais aussi envie de faire autre chose ». Dans le même temps, elle signe un CDI du côté de La Chaîne l’Équipe et continue à travailler sur plusieurs cases : matinales, soirées, soirées spéciales… Jusqu’en 2016, année charnière à la fois sur le plan professionnel et personnel : « J’ai choisi de partir à ce moment pour passer à autre chose – en plus, j’étais devenue maman. Je ne me sentais plus bien dans une rédaction sportive pure et dure, ce n’était plus un environnement dans lequel j’avais envie d’évoluer et j’avais des horaires de fou. Si je ne me levais pas à 2h du matin pour faire les matinales, je rentrais très tard, vers 00h00/1h parce que je faisais la soirée… J’avais besoin de prendre du recul ».

Passionnée de décoration, elle se lance dans l’entreprenariat en créant sa propre entreprise autour du design – Kaachaça. Si elle ne nie pas l’enrichissement tiré de cette expérience, son ADN de journaliste a vite fait de la rattraper et, rapidement, l’envie de revenir à l’antenne se fait sentir : « Quand j’ai monté ma boîte et que je me suis rendu compte des difficultés, j’ai fait un point sur ce que je voulais et ne voulais pas : je savais que je ne voulais plus avoir de patron, mais en même temps je voulais faire ce pour quoi j’avais été formée et qui me passionnait, c’était le journalisme. Kaachaça existe toujours et fonctionne très bien, mais j’ai eu envie de revenir à l’antenne : j’ai donc recommencé à travailler avec plusieurs boîtes de production en parallèle de mon entreprise. J’ai fait des reportages, des missions, des sujets institutionnels, en étant à mon compte… jusqu’à ce que l’on me présente ce qui est pour moi le job de mes rêves ».

Cette opportunité vient du groupe France Télévisions, qui lui propose de partir réaliser des reportages sportifs dans toute la France pour ensuite les présenter directement à l’antenne. Une aubaine pour la journaliste, qui peut alors toucher à tous les aspects du métier, voyager et aller à la rencontre des gens : « Je me suis demandé si je voulais vraiment refaire du sport – puis on m’a proposé cette mission que je ne pouvais pas refuser : avoir une chronique à l’antenne et présenter un reportage que j’ai fait moi-même. Je touche à tous les aspects du métier : je pars en reportage, je le fais sur le terrain, puis je rentre et, avec un monteur, je choisis la manière dont on va le monter pour ensuite le défendre à l’antenne. Je parcours toute la France, je découvre des nouveaux sports, je rencontre des gens… Pour moi, honnêtement, c’est le job idéal. Le lundi je suis chez moi en home office, le mardi à la pointe bretonne pour interviewer une femme qui fait du surf et je passe la journée avec des gens géniaux, je tourne un sujet auquel je crois, parce que c’est moi qui suis à l’origine de ce tournage, je rentre chez moi et le lendemain je fais le montage, je choisis mes musiques… J’ai quand même énormément de liberté, même s’il y a une ligne éditoriale. Et je fais de l’antenne – je ne perds pas ce côté que j’aime beaucoup. Ce job-là permet d’explorer divers aspects du métier qui sont géniaux ».

Chaque sujet est décidé sur la base des thématiques suivantes : découvrir de nouveaux sports et réaliser des portraits de sportifs. Plusieurs propositions sont faites au rédacteur en chef lors d’une conférence de rédaction ayant lieu tous les 15 jours. Les sujets sont discutés, défendus et, s’ils sont validés, le tournage est lancé avec une équipe de production (en général la journaliste est accompagnée d’un ingénieur du son et un cadreur). Parmi tous les reportages réalisés, c’est l’un de ses tous premiers qui a particulièrement marqué la journaliste : la rencontre avec Marion Joffle, 21 ans, championne de natation en eau glacée.

« C’est une fille géniale qui relève des défis de fou. Je l’avais suivie en Haute-Savoie aux championnats de France. Elle nage sans combinaison néoprène, dans une eau glacée à 2°C et fait des courses de 10 minutes. J’avais adoré la Haute-Savoie, et l’avais trouvée extraordinaire, avec un super mental. Ça m’avait beaucoup, beaucoup marqué. Elle m’avait raconté que, pour s’entraîner, vu qu’elle n’habite pas en Haute-Savoie, elle s’était mise en relation avec un magasin Leclerc et que le directeur l’autorisait à aller dans la chambre froide pour qu’elle puisse s’entraîner dans leur frigo. C’est du délire ! Il y a des gens qui ont un mental incroyable. Je suis toujours en contact avec elle : quand le confinement sera passé, elle voudrait faire la traversée de la Manche à la nage sans assistance. C’était une belle rencontre. »

L’aventure Télématin, Andréa Decaudin souhaite la continuer le plus longtemps possible, avec peut-être « un autre créneau en parallèle, où je ne parlerais pas que de sport. Parler de design dans un magazine, ça me plairait, mais tout en conservant le sport à côté ».

En parallèle de Télématin, vous pouvez également voir Andréa Decaudin dans une campagne Nintendo pour le Ring Fit Adventure – elle le confirme elle-même, ce nouveau moyen de faire du sport est très efficace : « J’ai en effet eu la chance de faire une campagne pour Nintendo, c’était une super expérience. J’ai fait 3 pubs, dont une avec Denis Brogniart – c’était vraiment sympa. Pendant le tournage, sur 2 pubs sur les 3, je suis toute seule et je teste le jeu – je peux vous dire que j’étais au bout du rouleau, c’est du sport ! ».

Nul doute que nous continuerons à voir la journaliste dans le paysage médiatique français – et tant mieux ! Son enthousiasme, sa bonne humeur et son énergie positive sont si communicatifs qu’ils captivent les audiences et se reflètent dans tous ses projets, qu’ils soient liés au sport…ou non.

Ce qui montre bien la richesse de la curiosité, qui, en plus de mettre en avant les sujets les plus variés, et parfois surprenants, permet de repousser toutes les limites et faire vivre les plus belles aventures…


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